Deux ou trois mots à leur dire.

Décembre. Il fait froid, le ciel est presque blanc, la brume cache les collines de la Croix-Rousse. Les fêtes de fin d’année approchent et ma famille me manque. Quand je pense à elle, je revois des soirées jeux, des vacances à la campagne ou à la mer, j’entends des rires et je sens la bonne odeur d’un gâteau au yaourt. Mais quand je pense à elle, je revis aussi les disputes, les dialogues de sourds et les moments d’incompréhension. Comme tout l’monde, vous m’direz. C’est vrai.

Cette fois, je n’ai pas envie de vous écrire un long exposé trop bien construit et sourcé. J’aimerais simplement vous parler d’une œuvre dont je ne suis pas experte mais qui m’a toujours beaucoup touchée. D’ailleurs, je dis une mais je devrais plutôt dire deux œuvres : Juste la fin du monde, pièce contemporaine de Jean-Luc Lagarce, et l’une de ses adaptations, à savoir le film franco-canadien de Xavier Dolan.

Juste la fin du monde occupe une place toute particulière dans mon cœur. C’est un extrait de cette pièce que mon professeur de Lettres modernes nous avait fait étudier une fois, en khâgne ; c’est ce film-là qu’il a pris le temps de nous montrer juste après, s’éclipsant de la salle, ému je crois, au moment le plus bouleversant. Selon moi, c’est une de ces œuvres qui peignent avec le plus de justesse les paradoxes de la famille. Je vous propose alors de vous installer confortablement, avec un thé, un chocolat chaud ou un café, et d’aller à la rencontre de Louis, condamné à mourir et résolu à l’annoncer à sa famille qu’il n’a pas vue depuis des années. Vous verrez, ce n’est pas c’est juste la fin du monde…   

                Exit donc les lubies puritaines du mémorialiste d’Ancien Régime. Nous voici cette fois à la fin du XXe siècle, à une époque où l’art n’appréhende plus – ou presque plus – la question de la famille sur le plan de la lignée.

Deux évolutions conjointes sont à prendre en compte. Premièrement, le « sentiment familial » qu’évoque le sociologue Philippe Ariès s’est installé progressivement dans les coutumes et les représentations artistiques dès le XVIIIe siècle : la famille nucléaire devient alors le modèle sociologique majoritaire en Occident à la fin du XIXe siècle, et l’un des cadres privilégiés des romans, tableaux et pièces de théâtre.

Deuxièmement, l’art et la littérature de la fin du XIXe siècle et du début du XXe portent un intérêt tout particulier au quotidien et à sa banalité, s’essayant ainsi à la représentation des petits détails insignifiants de la vie et resserrant souvent leurs sujets et leurs intrigues autour d’événements et d’êtres sans grandeur. Par conséquent, le cercle restreint de la famille et son quotidien constituent l’un des thèmes explorés par les auteurs du siècle dernier, chez qui la question de la généalogie ne se pose donc plus aussi explicitement que chez les classes nobiliaires de l’Ancien Régime. Si portée généalogique il y a, c’est dans la représentation des liens complexes entre les membres d’une même famille, et dans la justesse de l’analyse. De Saint-Simon au théâtre de Jean-Luc Lagarce, tout est question d’échelle : l’un jongle avec les branches d’arbres généalogiques qu’il considère dans leur entier, l’autre choisit d’aller au plus profond d’un seul petit rameau, d’imaginer les singularités de ses feuilles, de n’écrire que lui.

Entrons donc dans le vif du sujet : Juste la fin du monde est une pièce écrite par J-L. Lagarce à Berlin en 1990 et initialement refusée par tous les comités de lecture (aïe, ça commence mal…). Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, en 1999, qu’elle est « créée » – c’est-à-dire mise en scène – par Joël Jouanneau. Juste la fin du monde devient alors une œuvre célèbre et un classique des programmes scolaires : elle figure à l’épreuve de théâtre du bac de 2008 à 2010, au programme des concours de l’agrégation de Lettres modernes, Lettres classiques et grammaire en 2012, et dans la liste des ouvrages à étudier pour le bac de français en 2021-2022. Vous l’aurez deviné, il s’agit d’une des pièces contemporaines les plus étudiées ; ce qui signifie aussi que je ne risque pas d’inventer l’eau tiède dans cet article et que, si vous le souhaitez, vous pouvez trouver beaucoup de documentation à ce sujet sur internet. Bref.

Par ailleurs, la pièce a fait l’objet d’un certain nombre de mises en scène dont j’ai choisi de ne pas parler ici au profit d’une adaptation cinématographique que je trouve grandiose : celle de Xavier Dolan, parue en 2016. Le film Juste la fin du monde propose un casting de dingue : Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Léa Seydoux et Nathalie Baye. Rien que ça ! L’année de sa sortie, le long métrage remporte le Grand prix et le prix du jury œcuménique du Festival de Cannes ; un an après, il obtient trois César (meilleur réalisateur, meilleur acteur – pour G. Ulliel – et meilleur montage).

Juste la fin du monde, c’est l’histoire du retour de Louis (34 ans) dans la maison où vivent sa mère (61 ans) et sa petite sœur Suzanne (23 ans), à l’occasion d’un repas de famille où il retrouve également son frère Antoine et son épouse Catherine (32 ans tous les deux). Cependant, comme je l’ai écrit plus haut, non seulement Louis n’a pas vu sa famille depuis plusieurs années, mais il sait aussi qu’il va mourir dans peu de temps. Voici donc l’enjeu de la pièce : l’aveu de Louis, ses adieux à sa famille (« Les adieux » était d’ailleurs le premier titre que le dramaturge avait choisi pour sa pièce).

En réalité, à la fin de ce huis clos dans la maison familiale, Louis repartira sans avoir rien annoncé. Et c’est tout. Il ne se passera rien d’autre, aucun événement majeur. Juste un repas que seul le film matérialise dans quelques scènes, juste des « engueulades », des « Ta gueule Suzanne ! » et du bla-bla.

Ainsi, le seul événement, la seule action que le lecteur-spectateur était en droit d’attendre, n’advient jamais. La quatrième de couverture ne s’en cache pas, ce n’est pas un spoiler, car la pièce adopte une trajectoire fondamentalement tragique. En effet, la question n’est pas tant « comment ça va finir ? que va-t-il se passer ? » (même si, bien entendu, on a tous et toutes l’espoir que Louis réussisse à parler) que « dans quelle atmosphère, de quelle manière va-t-on aller au bout de cette pièce ? ».

                Bon, soyons d’accord : j’ai conscience que, quand on n’est pas habitué à lire des pièces – qui plus est des pièces modernes et déprimantes – on a du mal à comprendre comment une œuvre où il ne se passe rien peut être intéressante. C’est déroutant. Par exemple mon compagnon, qui a accepté de regarder le film avec moi, a passé 1h30 à essayer de se raccrocher à des micro-événements, des micro-faits qui auraient pu déclencher une péripétie, nouer l’intrigue ou poser problème. Il m’a regardée à la fin du visionnage avec une tête déconfite : « — Et c’est tout ?! — Ben, oui… ».  

En fait, le théâtre du XXe siècle (tout comme le roman) remet en question toutes les conventions dramaturgiques et narratives établies depuis plusieurs siècles : ciao les intrigues classiques ! ciao les personnages bien construits ! et ciao l’idée même d’action ! Pour celles et ceux qui s’y connaissent un peu, cet état d’esprit a mené notamment au théâtre de l’absurde et à des œuvres comme Les Chaises de Ionesco, ou En attendant Godot de Beckett. Vont être mis en scène des personnages qui ne font rien, qui n’arrivent pas à se parler, qui constatent que l’existence n’a aucun sens, que Dieu n’existe pas, que tout est vide.

C’est sûr, c’est pas la joie, mais ça donne des œuvres à l’atmosphère hors du commun où le langage seul, très travaillé, poétique, nous embarque complètement.

                C’est le cas dans Juste la fin du monde – beaucoup plus accessible, je vous rassure, que d’autres œuvres du XXe siècle – où ce travail sur les échanges entre les personnages crée une ambiance pesante (accentuée, dans le film de Dolan, par le contexte de canicule), propre à faire monter petit à petit la tension, les non-dits, la colère. En somme, comme chez Tchekhov, « l’intrigue disparaît […] au profit d’une atmosphère » (J-L. Lagarce, Théâtre et pouvoir, mémoire de maîtrise).

L’at-mos-phère. C’est elle qui compte avant tout et qui, je vous assure, nous bouleverse.

Ce que montre Juste la fin du monde, et c’est l’un de ses enjeux fondamentaux, c’est que les êtres liés par le sang sont parfois ceux qui parviennent le moins bien à communiquer. C’est là que réside tout le sentiment tragique de la pièce et du film : personne dans cette famille ne se comprend ni ne sait comment se parler, le langage accroche, Catherine ou Suzanne butent sur les mots, et Louis parle de façon « elliptique » (1ère partie, scène 3).

Quelques exemples :

Catherine est peut-être le personnage dont la parole est la moins assurée, celle qui présente le plus de tournures d’auto-correction (on appelle ça des épanorthoses, si jamais vous voulez briller en dîner mondain…). Marion Cotillard l’incarne à merveille. 

Je ne peux pas vous partager tous les moments où l’on ressent avec déchirement que rien ne peut être dit ni compris clairement sous ce toit. Regardez le film, voyez comme chaque plan, resserré, isole quasi-systématiquement les personnages les uns des autres ; voyez comme la lumière en clair-obscur crée des zones d’ombre et des contrastes entre la mère et le fils, la sœur et le frère. C’est une famille morcelée, à l’image des neuf courtes scènes de l’intermède qui accentuent la fragmentation du groupe. Finalement, que la mort de Louis soit imminente ou non, rien n’a changé : Suzanne, Louis, Antoine, leur mère et Catherine s’aiment, mais ne savent rien se dire d’important.

Tragiquement, le seul être avec lequel Louis pourrait réussir à communiquer, le seul auquel il serait susceptible de faire son funeste aveu, c’est Catherine, sa belle-sœur, la seule qui ne soit pas directement de sa famille. Comme si la connaissance que Louis a d’Antoine, de Suzanne et de sa mère, leur lien du sang, leur passif, entravaient toute possibilité de leur annoncer sa mort prochaine. Cette « connexion » entre Catherine et Louis est peut-être plus exploitée – ou plus visible – dans le film que dans la pièce, mais J-L. Lagarce en sème quelques indices, comme à ce moment où Louis semble sur le point de dire quelque chose à Catherine :

Catherine illustre, je trouve, la difficulté pour un·e conjoint·e de prendre sa place au milieu des membres d’une autre famille. Xavier Dolan fait d’elle la seule personne qui paraît avoir compris la raison du retour imprévu de Louis auprès des siens. Le long métrage met alors bout à bout plusieurs instants ambigus, comme celui où Catherine, surprenant Louis à l’étage de la maison entre deux plats, lui demande « Combien de temps ? » (avant que vous ne mourriez ? avant que vous ne redescendiez ?), ou encore celui où, juste avant de repartir à la gare, Louis met son doigt devant sa bouche en lui disant « chut ». Je pense aussi à ce moment suspendu, à l’apéritif, où Catherine se perd dans l’expression vide (ou immensément triste) de Louis et semble, sans mot dire, tout comprendre :

L’espace familial dépeint par J-L. Lagarce est alors celui, paradoxal, d’une coexistence non pas de l’amour et de la haine, mais de l’amour et de la crise, de la colère, de l’incompréhension. Il n’y a pas de haine dans Juste la fin du monde, simplement des êtres qui luttent pour s’entendre et dont les retrouvailles houleuses sont tout de même illuminées par de rares moments de grâce : la mère et la fille qui dansent dans la cuisine, la mère qui dit « je t’aime » à son fils, le fils qui dit à sa mère que sa sœur est devenue belle…

Leur amour est proportionnel à l’intensité de la dispute qui éclate juste avant que Louis ne parte, et qui prend toute son ampleur grâce à la mise en scène proposée par Xavier Dolan. Je vous en partage ici un extrait, mais je vous préviens, ce passage est l’un des plus bouleversants à mes yeux :

Enfin, ce qui m’émeut encore davantage c’est la façon dont chaque membre de la fratrie offre au lecteur-spectateur la possibilité de s’identifier à lui/elle. Le principe d’identification est bien sûr fondamental dans le domaine littéraire et artistique (tel personnage nous fait penser à nous, et on le regarde comme on regarde un miroir), mais je suis particulièrement sensible à la justesse avec laquelle J-L. Lagarce a élaboré les personnages de Suzanne, Antoine et Louis. Sa conscience aigüe des relations entre les êtres et des mécanismes familiaux rend ces trois protagonistes incroyablement singuliers et complémentaires. À tel point que, même en tant que fille unique, je retrouve quelques-unes de mes facettes en chacun d’eux. Il y a Louis, parti de chez lui probablement à vingt ans pour faire des études et devenir auteur. Louis, transfuge de classe comme on dit, admiré des membres de sa famille mais aussi éloigné d’eux par sa propre trajectoire de vie. Louis, capable d’écrire des pièces de théâtre mais incapable de communiquer simplement avec ses proches.

Il y a Antoine, l’« homme en colère » (1ère partie, scène 8), dont la vulgarité et la rage sont le produit du ressentiment, de la tristesse de ne pas avoir eu son frère près de lui pendant toutes ces années, d’avoir dû assumer le rôle d’aîné, d’avoir toujours dû tout faire pour les autres. La scène 11 de la 1ère partie, où Louis et Antoine ont une discussion d’abord sans queue ni tête puis houleuse, Xavier Dolan a choisi de la tourner dans une voiture, avec Antoine au volant, qui appuie sur l’accélérateur au rythme de sa colère.

D’ailleurs, la dispute finale dont je vous ai partagé un extrait juste au-dessus (lien youtube) illustre sublimement la fragilité, la colère et le sentiment d’injustice d’Antoine :

Et puis il y a Suzanne, 23 ans presque comme moi, qui cherche par tous les moyens à faire plaisir à son frère Louis et à faire durer son passage à la maison, à faire durer ce moment en famille. Je me vois tellement, quand elle essaye désespérément de le faire rester alors qu’il est censé partir pour de bon :

Voilà.

Si ce n’est pas la fin du monde mais juste la fin du monde, c’est parce que certes l’issue de la pièce est tragique, mais ce n’est que la fin d’un monde, la fin d’un homme, celle de Louis. Nous ne sommes pas chez Racine, cette tragédie – ou ce drame – se joue dans la maison banale d’une famille banale aux membres banals. Louis va mourir, d’autres aussi.

C’est juste la fin du monde.  

This is the end of the deuxième article. J’espère avoir réussi à vous emmener avec moi et vous avoir donné envie, peut-être, de découvrir au moins le film de Xavier Dolan. Bon OK, on est loin des films de Noël avec la citadine qui rencontre un bûcheron célibataire dans un petit village enneigé perdu au nord des Etats-Unis… Mais je trouve que c’est une très belle expérience émotionnelle. En tout cas, je suis ravie d’avoir partagé avec vous mon affection pour cette œuvre si chère à mon cœur.

En passant de Saint-Simon à J-L. Lagarce, je voulais aussi montrer que le lien entre les arts, la littérature et la généalogie peut se matérialiser de différentes manières. Vous verrez, du mémorialiste du siècle de Louis XIV au dramaturge contemporain, il y a tout un monde à explorer et des dizaines de familles à rencontrer. Mais pour l’heure, je vous souhaite de retrouver la vôtre dans la joie et de passer de très belles fêtes de fin d’année !

Sources :

Le film de Xavier Dolan est disponible à la location ou à l’achat sur arte VOD.


9 réflexions sur “Deux ou trois mots à leur dire.

  1. Ayant vu le film de Dolan, je me souviens avoir été bouleversée par les relations de cette fratrie… Bouleversée et en colère en même temps, moi, fille unique. J’ai idéalisé longtemps les relations entre frères et sœurs (on doit toujours se parler, on doit toujours aimer et surtout on ne peut pas se détester)
    Cela ne peut pas être ou juste la fin du monde entre frères et sœurs !

    Aimé par 2 personnes

  2. Alors, moi aussi je suis dans le brouillard, je vois à peine la Croix-Rousse. Mais j’ai lu attentivement ce billet, j’ai écouté les extraits, terriblement émouvants.
    Je ne verrai pas ce film trop fort en émotions qui bien sûr résonne généalogiquement. Je te remercie d’avoir partagé tout cela avec autant de sensibilité.
    On attend le soleil à Lyon, et peut être la visite de Nat en 2022 !

    Aimé par 2 personnes

  3. Merci beaucoup pour cet article et pour me faire découvrir ce film et plus encore ce texte qui est loin d’être banal.
    Au Canada, et d’autant plus au Québec, Xavier Dolan est notre « enfant chéri ». Ses films tournent tous autour des rapports à la famille, souvent dysfonctionnelle, et il a largement exploité la relation amour/haine avec la mère. Bien que je trouve ses propositions chargées et lourdes, j’essaierai quand même de voir celui-ci.
    Votre texte m’a beaucoup fait réfléchir et plus de vingt-quatre heures après l’avoir lu, j’y pense encore. La scène avec Antoine qui se met en colère m’a rappelé un commentaire d’une amie qui fait du travail social auprès de familles en difficulté sinon en crise. Elle me parlait du mythe de l’absent, souvent le père, qui est idéalisé et auquel on attribut toutes les qualités tandis que celui, et bien souvent celle, qui est resté et qui a tout assumé est démonisé. Je ne comprends probablement pas toutes les subtilités et je ne peux pas tirer de conclusion sans l’avoir vu, mais j’imagine que c’est lié à la colère d’Antoine quand il dit « Je ne peux pas toujours avoir tord. C’est impossible… »
    Joyeux temps des fêtes (ou ce qu’il en reste) à vous aussi.
    Dominique

    Aimé par 1 personne

    1. Je trouve effectivement « Juste la fin du monde » particulièrement beau (je l’ai préféré à « Mommy », de X. Dolan aussi).
      C’est vrai que le personnage d’Antoine est très touchant, et parfois presque effrayant (Vincent Cassel y fait beaucoup…).
      Merci pour votre commentaire !

      J’aime

  4. Ce n’est jamais facile de dire des choses « graves », importantes et beaucoup plus de bafouiller ou de parler de la pluie et du beau temps. Mais je crois que ça s’apprend. Merci pour cet article bien différent du premier, mais tout aussi intéressant ! Bonnes fêtes !

    Aimé par 2 personnes

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