Ce petit peu

Parler de l’histoire et de la transmission d’un objet de famille, tel est le Généathème de mars proposé par Sophie de La Gazette des Ancêtres.

J’ai de suite pensé à raconter l’histoire de la bonnetière qui me vient de mes arrières grands-parents maternels, un peu comme l’ont fait Christelle et Fred (ici et ici);

Ou bien de la montre de ma grand-mère un peu comme Sophie (ici);

Ou du taste-vin de l’arrière grand-père de ma fille;

Ou de ces chapelets transmis par mon père sans que je sache vraiment à qui ils ont appartenu;

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Ou de cette boîte en carton pleine de photos, instants de vie, témoignages d’histoires, dernières mémoires de visages et notamment celle sur laquelle je découvre avec toujours autant d’émotions mon grand-père, mes arrières grands-parents et mes arrières arrières grands-parents. Mais je vous en ai déjà parlé ici sur ce blog.

Il y a aussi ces objets que j’aurais aimé hériter, comme les médailles de mon grand-père, ou bien le cadre qui trônait sur le buffet de ma grand-mère, ou sa vieille machine à coudre, ou… ou… Tellement d’autres, tous emportés par le vent tourbillonnant du temps loin de moi, loin de ma famille.

Mais celui qui m’est le plus précieux est un tout petit objet. Bien plus qu’un objet d’ailleurs, un petit livret datant de 1891 : le livret de famille de mes arrières grands-parents.

Livret de famille CHABOUTY – Collection personnelle

Ce n’est qu’un petit carnet, que du papier mais je le manipule et le contemple comme s’il s’agissait d’un manuscrit très ancien, voire un parchemin découvert par quelque archéologue et je prends comme un signe du destin qu’il soit arrivé jusqu’à moi.

Un vieux livret donc, qui au détour de ses pages, me donne un aperçu de vies qui débutent… Les années ont donné au papier de ce carnet une douceur inégalable, son toucher me transporte dans une autre époque, une autre vie. Et son odeur addictive, subtile, sa couleur jaunie, fânée, comme piquée de rouille, sa fragilité telle celle d’une feuille morte, tout me ravit.

C’est un document authentique, unique qui porte la trace du temps si destructeur, et qui me fait retourner d’une manière émouvante, forte et passionnante aux sources d’une aventure : celle d’un nouveau foyer, celle de la famille à venir de mes arrières grands-parents. Le pouvoir d’évocation de ces quelques pages est énorme : il offre un voyage dans le temps et le pouvoir de recréer, de raconter leur histoire.

Et pourtant le ton y est froid, impersonnel et détaché.

Et pourtant le sortir de son écrin ne rappelle aucun souvenir réel, vécu.

Mais je dois à ce petit livret, et à tous les autres « vieux papiers » la possibilité de pratiquer cette quête, cette passion qu’est la généalogie. Ils m’offrent cette unique et troublante sensation de prendre chaque jour le chemin tracé par les pas de mes aïeux, de ma famille. Ils me font suivre leurs empreintes.

Au travers de tous ces objets, photos, montres, meubles c’est un petit peu d’eux que j’ai près de moi, un petit peu de leur présence.

Ce petit peu qui coule dans mes veines.

 

 


20 réflexions sur “Ce petit peu

  1. Tout d’abord merci Nat de m’avoir cité. Et en effet, tous ces objets ancestraux sont des liens inter-générations, certains objets sont encore avec nous d’autres ont disparus, pourquoi ceux là et pas d’autres, la vie est ainsi faite. Nos ancêtres sont certainement content que par leurs objets du quotidien ils soient présents à la fois avec et en nous.

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